VINCENT UBAGS, de la peinture à la vidéo…

L’usage est souvent de présenter un artiste en précisant que son univers est vaste.

Dans le cas de Vincent UBAGS , artiste né à Liège en Belgique en 1982, c’est une réalité.

Il peint, dessine, réalise des illustrations, crée des vidéos artistiques en 3D…

C’est réellement ce que l’on appelle un touche à tout et son talent est immense.

La peinture Crocodilopolis que nous avons travaillée pour la collection hiver 2018 en est la preuve. Cette immense toile de deux fois deux mètres est entièrement réalisée à la main, de manière traditionnelle. Il serait possible de penser que cette pièce a été travaillée à partir de logiciels de dessins, en digital, mais il n’en est rien. C’est assez incroyable et cela demande une technique de base et une précision hors du commun.

Vincent UBAGS est né en 1982. Il vit à Liège.

Nous vous présentons ici quelques réalisations de VINCENT UBAGS.

Peinture :

Dessins :

Illustrations :

Vidéos :

INTERVIEW de Vincent UBAGS (CROCODILOPOLIS).

Vincent, cette toile donne une impression d’un travail très abouti.

J’ai réalisé toute une série de peintures dans ce style mais Crocodilopolis m’a demandé beaucoup de travail et d’énergie.

 

Comment travaillez vous ?

Quand je suis face à une toile blanche d’un grand format, celle-ci mesure deux mètres sur deux, mon intention de départ est de ne pas avoir d’idées préconçues sur ce que je vais faire. J’essaye de ne pas avoir de limites.

Au départ, je vais donc improviser quelque chose et la suite va venir d’elle-même. Je rentre dans un jeu de construction, d’éléments qui arrivent d’une façon relativement intuitive forme après forme. Je marque souvent des temps d’arrêt pour analyser les choses avant de poursuivre. Je fais alors appel à ma mémoire, mon expérience, et je fais une confrontation entre les influences qui m’ont marquées dans le passé afin de continuer.

Le résultat de ce genre de processus donne Crocodilopolis.

 

Le sujet de la toile au départ, vous l’aviez dans la tête ?

Chez moi, le sujet se manifeste au fur et à mesure de la composition de la toile.

Par exemple pour celle-ci, il y a un crocodile qui est un peu tapis dans l’eau. Il s’est manifesté tout seul, intuitivement.

J’ai développé cela au fil du temps. Je ne réfléchis pas à ce qui va arriver sur la toile, je veux que cela arrive tout seul.

 

Vous êtes parti du crocodile en premier ?

Pas du tout. Généralement dans ces formats-là, je démarre du bas et petit à petit, je remonte.

Si on analyse cette toile, elle se décompose en 3 étages.

Il y a la partie inférieure où derrière les formes, il y a du noir.

Un deuxième étage où se trouve le crocodile et le début de l’eau avec les cascades, etc.

Il y a enfin le dernier étage où j’ai donné une notion de perspective avec l’éloignement, les paysages, qui donne de l’aération afin de ne pas saturer totalement la toile.

Tout se révèle petit à petit en fonction des formes et des éléments que j’ajoute.

Je fais une forme, marque un temps d’arrêt, puis je fais une autre forme et un temps d’arrêt.

J’ai fait le lien avec des symboles. Le crocodile était utilisé par certaine civilisations afin d’être comme une espèce de gardien entre les deux mondes, le visible et l’invisible, et c’était un peu lui qui donnait le laisser passer et qui veillait à ce passage entre les deux mondes et je trouvais que cette signification était magnifique, riche et pleine de sens.

Je ne savais pas vraiment ce qui allait se passer.

J’aime me lâcher dans le vide et advienne qui pourra.

Je fais tout du premier coup et il n’y a pas de corrections. Je dessine au crayon dans un premier temps avant d’attaquer la couleur. Cela se démarque de la peinture classique…

Je ne fais aucun dessin ou croquis préparatoire. C’est un jeu d’improvisation.

 

Lorsque l’on voit votre toile, et que l’on connait un peu les techniques actuelles, on a presque l’impression d’une composition numérique.

En aucun cas. Mais comme je mets deux couches de peintures acryliques, je passe un temps fou à fignoler les détails et les effets pour me rapprocher à certains endroits de quelques choses, visuellement un peu réaliste et je peux comprendre que l’on puisse se dire que cela a été fait dans un premier temps sur un logiciel comme Photoshop. Ce n’est absolument pas le cas. Mais c’est aussi ma formation. Je connais très bien ces logiciels. Ils sont mon passé, mes études, et donc c’est au fond une partie de mon œil ..

 

Même si ce n’est pas ce qui nous motive, techniquement ce travail est une réelle prouesse.

Cela demande une concentration extrême, beaucoup de temps, et ce sont des périodes où il n’y a plus que cela qui compte. Je travaille du matin au soir pendant des semaines sur une telle pièce.

J’aime beaucoup jouer aux échecs. J’adore. C’est une passion.

D’une certaine façon, ce genre de peinture est pour moi semblable à une partie d’échecs avec moi-même. Je me challenge tout le temps. C’est un jeu. C’est complètement ludique et mon but est de me mettre la pression afin de trouver de nouveaux mouvements exactement comme aux d’échecs afin de gagner la partie. La qualité .. Je passe vraiment beaucoup de temps.

 

Lorsque l’on regarde la toile, il y a tout un jeu d’eau, de cascades, de fontaines, qui partent de la mer tout en haut et c’est assez étrange et surprenant de se dire que vous avez commencé la toile par le bas sans avoir l’idée de ce que vous alliez faire au-dessus.

Oui. Mais cela traduit le côté très inversé de ma personnalité. Je fais souvent beaucoup de choses à l’envers.

 

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2 Comments

  1. Artiste talentueux dont l’oeuvre mixée avec la création de mode
    d’Aventures sur Toiles révèle un style plus qu’original et beau à porter.

  2. Merci à vous pour votre commentaire .
    Aventures des toiles

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