Posts Tagged ‘Eté 2011’
Bianca Verde, de Philippe Croq
Lundi, août 1st, 2011
Bianca Verde : du blanc et du vert. Sur un fond couleur crème, un aplat vert amande s’étire vers le bas.
Comme en opposition à la délicatesse de ces teintes, des silhouettes mêlant peinture et crayon noirs apportent leur matérialité au tableau.
Sur la gauche, un drôle de personnage semblant porter chapeau.
En bas, un visage à peine esquissé.
En haut, des ombres qui sont, peut-être, des oiseaux fauchés en plein vol : leurs corps semblent se liquéfier dans des coulures noires qui les rappellent à la loi de la pesanteur.
En 2007, Martin Rey, journaliste du magazine Artension, a décrypté ainsi l’œuvre de Philippe Croq : "L'incertitude d'être, l'aléatoire, le mystère de la vie, de la survie aussi, un questionnement permanent de la représentation ou des "présences" révélées par la peinture, c'est en effet ce que l'on "sent" et qui nous émeut , dans cette œuvre aérienne, pleine de grâce, d'une pureté séraphique, infiniment subtile, au bord de l'irréalité des choses mais en parfaite résonance avec ce sentiment collectif d'extrême labilité du monde habité. "
Né en 1961 à Douarnenez, en Bretagne, l’artiste est aujourd’hui installé à Marseille, où il vit et travaille. Après une première vie comme cadre dans l’industrie aérospatiale, Philippe Croq s’est entièrement consacré à la peinture depuis 1991. Autodidacte, donc, il s’est inventé un style bien à lui, travaillant à partir de fragments de dessins sur papier qui sont ensuite déplacés ou partiellement recouverts au moment de leur marouflage sur bois.
Bien qu’il expose depuis 1993 en France et à l’étranger, Philippe Croq a néanmoins tenu à passer son DNSEP en 2010… à l’âge de 49 ans ! Comme pour placer la dernière pièce manquante du puzzle, ou, plutôt, comme s’il prenait le chemin à rebours : après tout, les enfants commencent par dessiner et rêver avant penser à un métier “sérieux”. Philippe Croq, lui, a fait l’inverse.
Blue Twins 3 : trois couleurs pour un thème marin
Mercredi, juillet 13th, 2011Thème marin de l’été 2011, la ligne Blue Twins 3, tirée de la toile du même nom de Cole Morgan, joue avec les codes du “naturel”.
A travers différents mini-thèmes imaginés par les stylistes, cette ligne à dominante bleue et sable s’approprie les éléments récurrents du style naturel pour se les approprier en les transposer dans l’univers de Cole Morgan, ou pour les extrapoler et les détourner dans des coupes et matières plus sophistiquées : zoom sur une silhouette représentative du travail réalisé par l’équipe de création d’Aventures des Toiles.
Le débardeur à rayures Incontournable dans un thème marin, le débardeur à rayures a ici été revisité pour se décliner en version tricolore. L’alternance classique du blanc et du bleu marine s’adoucit d’une couleur lin. Le rythme des rayures a également été travaillé pour en rompre la régularité traditionnelle et imaginer une nouvelle harmonie.
Le pantalon en lin Frais et léger pour l’été, le pantalon en lin est lui aussi un élément indispensable de la gare-robe estivale. Ici, la coupe affiche une grande sobriété, avec une forme bootcut. Sans briser la pureté de la coupe de ce pantalon, mille et un petits détails contribuent à lui donner beaucoup de féminité : sur les poches avant, des fronces donnent un petit effet fantaisie, souligné à droite par des perles multicolores.
La longue veste en lin Vaporeuse et d’une légèreté incroyable, cette veste a été confectionnée dans un lin très “ouvert”, c’est-à-dire tissé très lâche pour une grande souplesse de la matière. Ici, le côté brut du lin contraste avec une coupe très féminine, à pans rallongés sur les côtés et léger effet d’ondulation dans l’encolure et aux poignets.
Cole Morgan : du désert de Chihuahua aux pétroglyphes amérindiens
Lundi, juillet 4th, 2011
Un tableau comme un damier de sable dont les cases sont remplies de symboles d’un bleu intense… Avant de s’installer à Anvers en Belgique, Cole Morgan a passé quelques temps à Albuquerque, ville du Nouveau Mexique située au nord du désert de Chihuahua et traversée par le Rio Grande : peut-être les paysages qui l’ont alors environné ont-ils nourri son inspiration ?
Les symboles bleus de la toile de Cole Morgan ont d’ailleurs un petit air de parenté avec les pétroglyphes qui sont disséminés dans ce désert, des signes amérindiens gravés dans la pierre dont la signification reste encore mystérieuse aujourd’hui.
Au-delà de ces rapprochements, c’est une symbolique toute personnelle que Cole Morgan déploie dans son tableau intitulé Blue Twins 3, ajoutant des annotations à la main et ponctuant sa toile d’une série de points colorés qui sont récurrents dans son travail.
Né en 1950 à Buffalo, dans l’Etat de New York (Etats-Unis), Cole Morgan est aujourd’hui installé à Anvers, en Belgique, où il vit et travaille. Entre ces deux villes, de nombreuses destinations se sont intercalées : Albuquerque donc, où il obtient son diplôme des Beaux-Arts en 1971 ; puis l’Europe : l’Italie avec le Centro d’Arte Graffico de Florence, les Pays-Bas avec la De Vrije Akademie à La Haie, et l’Irlande où il enseigne le dessin et la peinture à la York Road School de Dublin entre 1974 et 1975.
Si l’artiste s’est désormais “fixé” à Anvers, ce sont ses œuvres qui voyagent pour lui à présent : Cole Morgan expose en effet à Londres, Montréal, Zurich, Séoul, San Francisco, New York… Ses toiles sont aussi très présentes sur internet (cliquez sur les images pour accéder aux sites) :
Martine Mikaélian : le jeu des kyrielles
Mercredi, juin 22nd, 2011
“Marabout / bout de ficelle / selle de cheval”, la comptine saute d’un mot à un autre sans jamais s’interrompre : c’est le jeu des kyrielles.
C’est peut-être de sa première vie d’éducatrice pour enfants que Martine Mikaélian a hérité de cette capacité à mener sa vie comme une comptine.
En quête d’une activité constructive pour les enfants dont elle avait la charge, l’artiste s’est dans un premier temps intéressée à la musique, à travers une méthode qui engageait tout le corps et suivait sa rythmique interne avant de déboucher sur la musique. Partant de cette démarche, Martine Mikaélian l’a appliquée ensuite aux arts plastiques, qu’elle s’est progressivement appropriés jusqu’à en faire son unique activité.
Dans son travail de peintre, Martine Mikaélian fonctionne également par séries qui s’enchaînent comme par association d’idées. Elle a par exemple entamé un jour une série sur le thème de la maison. Assimilée pour elle à l’idée d’origine, la représentation de ses maisons s’est progressivement déformée jusqu’à devenir un travail sur l’écriture arménienne – symbole de ses origines.
Si la pratique de son art a pour Martine Mikaélian une fonction méditative évidente, elle n’en perd jamais la dimension ludique, et pourrait certainement faire sienne la sentence de Max Jacob : “L’art est un jeu. Tant pis pour celui qui s’en fait un devoir !”.
Site web de l’artiste : http://www.martinemikaelian.com/
Toutes les photos d’œuvres de Martine Mikaélian sont de Jean-Claude Gorizian, et m’ont été fournies par l’artiste. Le portrait de Martine Mikaélian provient de la page qui lui est consacrée sur le site du Salon des Réalités Nouvelles.
Evanescence, de Martine Mikaélian
Vendredi, juin 10th, 2011
Une drôle de toile qui a l’air, de loin, de représenter un bouquet de fleurs et qui, de près, s’avère être une construction virtuose dont l’harmonie doit moins à son inspiration florale qu’à un jeu d’équilibriste entre tracés nerveux et taches de couleur diffuses.
Equilibriste, Martine Mikaélian l’est certainement un peu, elle qui a su glisser de ses premières aspirations musicales vers une peinture dans laquelle le rythme devient visuel.
Dans la toile retenue par l’équipe créative d’Aventures des Toiles pour l’été 2011, les qualités percussives de son coup de pinceau sont d’ailleurs parfaitement illustrées. Tirée d’une série intitulée « Turbulence Silence », Evanescence combine les touches de couleurs délicates au tracé nerveux qui ponctue, comme un point d’orgue, le côté droit de la toile.
De cette toile de tout petit format (à peine 10*10 cm), l’équipe créative a tiré une ligne très fraîche qui peut être divisée en trois grands thèmes : l’un très blanc, avec l’ambiance florale de la toile de Martine Mikaélian, un deuxième plus citadin, avec une dominante grise, et un troisième inspiré par le fameux coup de pinceau de l’artiste. A suivre…
Photos : Jean-Luc Petit
Graphisme : Lorenzo











