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L’EFFET POUPEE RUSSE / THE MATRYOSHKA PRINCIPLE
Mercredi, janvier 25th, 2012En observant le tableau d’Isabelle Hervé, notre équipe de stylistes a été frappée par ces silhouettes aux dimensions échelonnées, qui construisent à elles seules la perspective et la profondeur du tableau. Colorés et stylisés, ces personnages leur ont évoqué les fameuses poupées russes, ces figurines en bois creux qui s’emboîtent les unes dans les autres, à l’infini.
While watching Isabelle Herve’s painting, our team of stylists were struck by the silhouettes of decreasing size building on their own perspective and the depth of the painting. These colourful and stylized characters have recalled the famous Matryoshka doll sets, Russian wooden figures which are placed one into the other, endlessly.
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Ambiance russe et jeux sur différentes échelles de reproduction des dessins ont ainsi découlé de ces premières impressions. Ici, Aude, notre mannequin, porte un ensemble chapka et fausse peau lainée qui affichent clairement leur source d’inspiration.
The first impressions gave way to a Russian atmosphere and the reproduction of drawings with different size effects. Here, our model, Aude, is wearing a Russian fur hat outfit made of fake treated sheepskin. This clearly shows their inspiration.
La jupe explore quant à elle un jeu sur la taille des motifs : ramenées à des dimensions aussi réduites que possible, les silhouettes de la toile sont indéfiniment répéter pour former un fin semis.
Sous la veste, un tee-shirt à manches longues reprend fidèlement et (plus ou moins) à taille réelle les motifs de la toile d’Isabelle Hervé.
Meanwhile the skirt is exploring a game on the size of patterns: The silhouettes from the painting are brought back to the minimum possible dimensions and repeated indefinitely to form fine dots. Under the jacket, a long-sleeved top reproduces the painting’s patterns faithfully in their (more or less) actual size.
Ici, on retrouve le fin semis des silhouettes du tableau, transposé sur des leggings fantaisie et sur un cardigan à effet froissé permanent. Mais le jeu des différentes échelles se poursuit avec un col roulé, porté sous le cardigan, qui est décoré des mêmes motifs mais, cette fois-ci, grossis plusieurs fois. Tout en étant différents, les deux imprimés ont un lien suffisamment fort pour autoriser des superpositions harmonieuses. Un short uni en laine rouge vif complète l’ensemble.
Here we find the fine patterns from the painting’s silhouettes transposed on novelty leggings as well as on a cardigan with permanent crumpled effect. And the game on different scales is back with a roll neck top worn underneath the cardigan which is decorated with the same patterns but this time, magnified several times. Though they are different, both printed fabrics are linked in such a way that they can be overlapped harmoniously. Bright red plain wooden shorts finish the outfit.
Au centre, la robe portée par Aude est une extrapolation de l’équipe du style, qui a prélevé un détail dans le tableau d’Isabelle Hervé, et en a tiré un nouveau décor formé de grandes taches de couleurs.
In the centre, the dress worn by Aude is an extrapolation created by our style team. They took a detail from Isabelle Hervé’s painting and got a new scene out of it, with large colourful patches.
A gauche, Romaine porte une tenue plus dépouillée, avec une tunique unie ornée en bas, comme un clin d’œil, d’une application brodée qui reproduit l’un des petits personnages de la toile.
On the left, Romaine is wearing a much cleaner dress made of a plain tunic embellished at the bottom with embroidery appliqué that reproduces the tiny characters from the painting, like an allusion.
Toma L, l’art-vandale / vandal art
Jeudi, janvier 5th, 2012
« Purple » est comme un mur saturé de traces picturales : taches de couleur, traits rageurs et inscriptions énigmatiques se chevauchent. Dans la droite ligne de l’art urbain, Toma L est le vandale de ses propres états d’âme.
« Purple » is like a wall saturated with pictorial traces: splashes of colours, angry strokes and abstruse graffiti overlap each other. In the line with urban art, Tomas L vandalises his own moods.
Sur une ossature de dessins au crayon gras, les couches d’acrylique, de peinture à l’huile et de pastels recouvrent la toile. Dans cette pagaille savamment orchestrée, toutes les techniques sont ramenées à la même valeur. Toma L refuse en effet cadres et théories : « Si il doit y avoir un concept, le mien serait de ne pas en avoir. Mais en disant cela, il est clair que je viens d’en créer un. Je me réserve le droit de peindre, sans aucune idée avant de commencer mon œuvre. Autrement dit, je peins librement avec pour seule contrainte de mettre un terme à mon action. ».
Above a framework of drawings in soft lead pencil, layers of acrylic paint, oil paint and pastels are covering the canvas. In this skilfully organised chaos, all techniques are brought back to the same value. Indeed, Tomas L denies frames and theories: “If there must be some kind of concept, mine would be not to have any. But in saying this, it is clear that I have just created a concept. I reserve the right to paint with no idea before I begin my work. In other words, I paint freely, the only pressure being to put an end to my action.”
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Originaire du centre de la France, Toma L, ou Thomas Labarthe de son vrai nom, est né en 1975. Il s’oriente dans un premier temps vers des études en graphisme et communication. Il suit ainsi sa formation à l’école Brassart,
à Tours. En 2000, Toma L, son diplôme en poche, occupe le poste de Directeur Artistique dans plusieurs agences de communication parisiennes. La peinture commence par occuper son temps libre, puis envahit bientôt tout le champ. Toma L est actuellement représenté par la galerie Art Top et il expose aussi bien en France (à Paris, Nantes ou Aix-en-Provence) qu’à l’étranger (New-York, Barcelone…).
A native of central France, Toma L – Thomas Labarthe in his real name – was born in 1975. He first turned to study graphic design and communication and thus followed his training at the Brassart school in Tours. In 2000, having passed his diploma, Toma L worked as artistic director in several advertising agencies in Paris. Painting began to take his free time and soon invaded the whole field. Toma L is presently shown at the Art Top gallery and his exhibitions are held in France (Paris, Nantes, Aix-en Provence) as well as abroad (New-York, Barcelona..).
De nombreuses œuvres de Toma L sont visibles sur le site de l’artiste : http://www.toma-l.com/.
Numerous works by Tomas L are shown on the artist’s website: http://www.toma-l.com/.
La couleur absolue / The absolute colour
Vendredi, décembre 16th, 2011Des volets de couleur pure, adoucie par une patine familière : quel secret abritent-ils ?
Le fragment d’un manuel de chinois oriente la réflexion sur la piste du zen et de ses paradoxes : et si l’observateur était lui-même le secret ?
Shutters of pure colours, softened by some familiar patina: What secret are they hiding? The fragment of a Chinese handbook drives the reflexion on the track of Zen and its paradoxes: What if the viewer was the secret?
La série des '”Leçons de Chinois”, d’Isabel Bertelot, a été exécutée entre 2007 et 2009. Elle fait écho à une autre série, celles des “Volets” (2004-2007). Dans ces deux séries, le tableau est un objet clos sur lui-même : deux battants fermés – sur l’extérieur ou sur l’intérieur, c’est là toute la question ! Plus mystérieuse encore, la série des “Leçons de Chinois” intègre un petit fragment d’un manuel de chinois à l’intérieur même du tableau : l’indice d’un sésame pour ouvrir les volets ?
The series entitled « Chinese lessons » by Isabel Bertelot was achieved between 2007 and 2009. It echoes a previous one called “Shutters” (2004-2007). In both series, the painting is an object withdrawn into itself: two closed flaps. Closed to the inside or the outside -That’s the whole point! Even more mysterious, the “Chinese lessons” series includes a small fragment from a Chinese handbook inserted into the actual painting: A direction on how to open these shutters?
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Cette collaboration de l’hiver 2011, entre Isabel Bertelot et Aventures des Toiles, n’est pas la première. Il y avait eu auparavant le “Lion vert et rouge” pour l’hiver 2009, et “Verlaine” pour l’été 2010.
The winter 2011 collaboration between Isabel Bertelot and Aventures des Toiles was not the first one. Before that, there had been “Green and red Lion” for the winter 2009 collection and “Verlaine” for the summer 2010 collection.
La rencontre entre Isabel Bertelot et Aventures des Toiles a tenu à la fois du hasard et du coup de cœur : l’artiste, passant devant une boutique qui vendait de l’Aventures des Toiles, avait été séduite par le concept et avait écrit une lettre à Français Gadrey, créateur de la marque.
The encounter between Isabel Bertelot and Aventures des Toiles is due to both random and infatuation: While passing along a store selling Aventures des Toiles, the artist was taken by the concept and wrote a letter to François Gadrey, founder of the brand.
Depuis, les collaborations se sont succédées avec une quête commune : celle de la couleur. Pour l’artiste, c’est à la fois un objectif et un point de départ : « Ce qui m’a donné envie de peindre, c’est la découverte des pigments. C’est le matériau qui m’a appelée ». Après avoir beaucoup travaillé avec des couleurs chaudes, Isabel Bertelot s’oriente à présent vers des teintes plus froides et, notamment, le bleu : « Le bleu a été la couleur initiale, celle qui m’a éblouie. C’est une couleur absolue, le choix d’un imaginaire. ».
Since then, collaborations followed one another with a common search: looking out for colours. As far as the artist is concerned, this is both a goal and a starting point: “Discovering pigments made me want to paint. It is the material itself that called me.” After much working with warm colours, Isabel Bertelot is now turning towards cooler shades and particularly, blue: “Blue was the initial colour, the one that dazed me. It is the absolute colour chosen by imagination.”
Son parcours / Her career path
Dans ce même endroit, au rez-de-chaussée, elle a ouvert avec sa sœur une galerie d’art, l’Aiguillage ( http://www.aiguillage.org/).
In the same place, together with her sister, she decided to start an Art gallery, L’aiguillage ( http://www.aiguillage.org/).
Les œuvres d’Isabel Bertelot sont visibles dans des expositions et galeries en France, en Angleterre et en Belgique, mais aussi sur son site internet : http://www.isabel-bertelot.com/.
Isabel Bertelot’s works can be seen in exhibitions and galleries in France, England and Belgium, or also on her website: http://www.isabel-bertelot.com/.
Champs de papier et graines de pigment / Paper fields and pigment seeds
Lundi, novembre 28th, 2011
Ola Abdallah cultive son art comme d’autres cultivent leur jardin.
Ola Abdallah takes care of her art as some would do with their garden.
Ses tableaux sont des champs de papier, labourés de traits fins et ensemencés d’encres et de pigments.
Her paintings are fields of paper, ploughed with fine lines and seeded with ink and pigments.
Dans ses œuvres, la ligne prédomine. Elle traverse la toile de part en part, se duplique en dégradés ou en contrastes, identique et différente à la fois. Toujours abstraite, la ligne évoque, chez Ola Abdallah, des paysages de couleurs, des ambiances de lumière, des associations de matières.
The line prevails in her works. It crosses the canvas from one end to the other. It duplicates in various shades or contrasts, both the same and different. In Ola Abdallah, the line, though always abstract, recalls landscapes of colours, atmospheres of light and combinations of materials.
Pour expliquer son travail, l’artiste en raconte la genèse. Lorsqu’elle s’est inscrite aux Beaux-arts de Damas, il lui a fallu s’initier à la calligraphie arabe. Perfectionniste, elle s’entraîne alors à la maîtrise du geste sur des rouleaux de papier calque. Fascinée par ces mètres de traits et de courbes qui s’accumulent, Ola Abdallah s’amuse à les juxtaposer pour suivre la ligne de l’écriture – à l’infini. Peu à peu, elle abandonne le point de départ de l’écriture pour ne plus suivre que la ligne du pinceau.
The artist refers to Genesis in order to explain her work. When she registered at the school of Fine Arts in Damascus, she had to learn about Arabic calligraphy. Being a perfectionist she trained for the mastery of the gesture on rolls of tracing paper. Fascinated by these yards of lines and curves accumulating, Ola Abdallah had fun juxtaposing them to follow the line of writing – endlessly. Step by step, she abandoned the starting point of writing to only follow the brush line.
Si les toiles d’Ola Abdallah génèrent une forme de fascination, c’est qu’elles sont porteuses de tensions internes savamment dosées, jonglant entre la maîtrise et l’imprévu : grâce à une méthode de travail fixée dans les moindres détails, l’artiste commandite elle-même les accidents qui mettront en péril l’harmonie de son tableau.
If Ola Abdallah’s paintings bring fascination, it is because they bring carefully crafted tensions juggling with mastery and contingency: thanks to an extremely well-fixed work method, the artist herself premeditates accidents that will put the harmony of the painting in jeopardy.
Pour commencer, Ola Abdallah maroufle par endroit la toile nue de papier de riz. La surface neutre devient irrégulière, l’espace uniforme se fragmente. Le mélange des pigments et leur application sur la toile viennent ensuite, avec leur inévitable part d’aléatoire. A petites touches, l’artiste a construit sa cartographie du hasard. De ce chaos de couleurs et de volumes, Ola Abdallah va tirer un nouvel équilibre. Les lignes qu’elle trace à main levée rééquilibrent la distribution des couleurs et structurent des surfaces distinctes à l’intérieur du cadre, inventant un dedans et un dehors pour « donner au spectateur la possibilité de voyager dans un petit espace, bidimensionnel ».
As a start, she masks the bare canvas in some places with rice paper. The neutral surface becomes uneven. The even space splinters. The blend of pigments and their application on the canvas come then with their inevitable part of random. In small steps, the artist builds her mapping of chance. Out of this pandemonium of colours and volumes, a new balance will be found. The lines she draws freehand rebalance the colour distribution and organize distinct surfaces within the frame. They invent an inside and an outside to “give the viewer the opportunity to travel in a small two-dimensional space”.
Pour Ola Abdallah, cette méthode de travail n’est pas une contrainte mais un support qui la mène à la méditation, comme dans les disciplines orientales où l’enchaînement des gestes conduit à l’équilibre intérieur. Avant de tirer ses lignes, l’artiste peut ainsi rester des heures à contempler sa toile : les encres qu’elle utilise dans ses tableaux ne donnent pas droit à l’erreur car elles saturent très vite ; une fois le pinceau en main, « chaque geste est irrémédiable. »
For Ola Abdallah, this work method is not a constraint but a support that leads her to meditation as in some oriental disciplines where the sequence of actions leads to inner balance. Before she starts drawing lines, the artist may stay hours contemplating the canvas: the inks she uses in her paintings do not give room for error for they saturate very quickly. Once the brush is in hand, “each action is irreparable”.
Sereine et posée, Ola Abdallah a inventé un cadre strict à l’intérieur duquel sa créativité ne trouve pas de limite : « Chaque série m’emmène vers l’autre pour explorer des palettes, des couleurs, des matières. » Tout comme le Candide de Voltaire, Ola Abdallah « cultive son jardin » : dans cet espace clos et volontairement restreint, elle prouve que la liberté véritable se trouve à l’intérieur de la contrainte.
Serene and composed, Ola Abdallah has created a strict framework inside which her creativity has no limit: “Each series leads me towards the next one to explore new palettes, colours and materials”. As would Voltaire’s Candide say, Ola Abdallah “takes care of her garden” in that confined and deliberately restricted space, she is proof that genuine freedom lies within constraint.






