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Des portails magiques à grande échelle / Mass-produced Magical gates

Lundi, décembre 26th, 2011

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Silhouettes, flacons, volets… Chaque tableau d’Isabel Bertelot suggère un imaginaire dont il est le gardien. C’est une porte magique qui montre et occulte à la fois, un miroir à traverser, une frontière entre deux mondes.

Silhouettes, bottles, shutters… Each one of Isabel Bertelot’s paintings is the sole keeper of the imaginative world that it suggests. It is a magical gate that shows and hides at the same time, a mirror to cross or a border between two worlds.

 
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Dans ses œuvres, la notion de frontière se retrouve dans son utilisation des formes et des matériaux, qui mêle le familier et l’étrange : d’un côté les pigments déploient la couleur pure et atemporelle, tandis que, de l’autre, des inclusions de papier peint ou de pages de manuels renvoient au quotidien, à l’usure, au temps.

In Isabel Bertelot’s works, the notion of border lies in the way she uses shapes and materials mixing familiar with strange: On one hand, pigments display pure and timeless colours whereas, on the other hand, inclusions of wall paper or handbook pages bring you back to everyday life, to wear and tear, to time.

 
30Les touches de dessin figuratif sont reconnaissables mais lointaines, comme vues à travers un brouillard épais ou au fond de l’eau : elles sont symboles avant tout. La couleur par contre est sensation : « Ce qui m’a donné envie de peindre, c’est la découverte des pigments. C’est le matériau qui m’a appelée. ».

Representational drawings come in touches so that they can just be recognized in the distance, as if seen through a thick fog or from the bottom of the water: most of all, they are symbols. Nevertheless, colour is the sensation: “Discovering pigments made me want to paint. It is the material itself that called me.”


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Partie de la couleur pure, Isabel Bertelot expérimente aussi la mise en espace avec des œuvres présentées en diptyques, triptyques ou polyptiques, présentées côte à côte ou en angle. De plus en plus intéressée par des installations qui jouent avec les trois dimensions de l’espace, elle se propose également d’explorer l’opposition entre l’axe vertical traditionnel de la peinture et l’axe horizontal.

Isabel Bertelot started off with the pure colour, then, she also experienced setting works in space with diptychs, triptychs or polyptychs, displayed side by side or in angle. Getting more en more interested in the installations that play with the three dimensions of space, she now also intends to explore the contrast between the vertical axis of usual painting and the horizontal axis.

La collaboration d’Isabel Bertelot avec Aventures des Toiles participe de cet élan : ses tableaux transposés sur des vêtements sont une autre manière de projeter ses œuvres dans l’espace – une production de portails magiques à grande échelle ! 

Collaboration between Isabel Bertelot and Aventures des Toiles is part of the momentum: Adapting her paintings on clothes is a way of casting her work into space – A mass- production of magical gates!

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La couleur absolue / The absolute colour

Vendredi, décembre 16th, 2011

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Des volets de couleur pure, adoucie par une patine familière : quel secret abritent-ils ?
Le fragment d’un manuel de chinois oriente la réflexion sur la piste du zen et de ses paradoxes : et si l’observateur était lui-même le secret ?

Shutters of pure colours, softened by some familiar patina: What secret are they hiding? The fragment of a Chinese handbook drives the reflexion on the track of Zen and its paradoxes: What if the viewer was the secret?

La série des '”Leçons de Chinois”, d’Isabel Bertelot, a été exécutée entre 2007 et 2009. Elle fait écho à une autre série, celles des “Volets” (2004-2007). Dans ces deux séries, le tableau est un objet clos sur lui-même : deux battants fermés – sur l’extérieur ou sur l’intérieur, c’est là toute la question ! Plus mystérieuse encore, la série des “Leçons de Chinois” intègre un petit fragment d’un manuel de chinois à l’intérieur même du tableau : l’indice d’un sésame pour ouvrir les volets ?

The series entitled « Chinese lessons » by Isabel Bertelot was achieved between 2007 and 2009. It echoes a previous one called “Shutters” (2004-2007). In both series, the painting is an object withdrawn into itself: two closed flaps. Closed to the inside or the outside -That’s the whole point! Even more mysterious, the “Chinese lessons” series includes a small fragment from a Chinese handbook inserted into the actual painting: A direction on how to open these shutters?

10bertelot11bertelot (3)Cette collaboration de l’hiver 2011, entre Isabel Bertelot et Aventures des Toiles, n’est pas la première. Il y avait eu auparavant le “Lion vert et rouge” pour l’hiver 2009, et “Verlaine” pour l’été 2010. 

The winter 2011 collaboration between Isabel Bertelot and Aventures des Toiles was not the first one. Before that, there had been “Green and red Lion” for the winter 2009 collection and “Verlaine” for the summer 2010 collection.

La rencontre entre Isabel Bertelot et Aventures des Toiles a tenu à la fois du hasard et du coup de cœur : l’artiste, passant devant une boutique qui vendait de l’Aventures des Toiles, avait été séduite par le concept et avait écrit une lettre à Français Gadrey, créateur de la marque.

The encounter between Isabel Bertelot and Aventures des Toiles is due to both random and infatuation: While passing along a store selling Aventures des Toiles, the artist was taken by the concept and wrote a letter to François Gadrey, founder of the brand.

Depuis, les collaborations se sont succédées avec une quête commune : celle de la couleur. Pour l’artiste, c’est à la fois un objectif et un point de départ : « Ce qui m’a donné envie de peindre, c’est la découverte des pigments. C’est le matériau qui m’a appelée ». Après avoir beaucoup travaillé avec des couleurs chaudes, Isabel Bertelot s’oriente à présent vers des teintes plus froides et, notamment, le bleu : « Le bleu a été la couleur initiale, celle qui m’a éblouie. C’est une couleur absolue, le choix d’un imaginaire. ».

Since then, collaborations followed one another with a common search: looking out for colours. As far as the artist is concerned, this is both a goal and a starting point: “Discovering pigments made me want to paint. It is the material itself that called me.” After much working with warm colours, Isabel Bertelot is now turning towards cooler shades and particularly, blue: “Blue was the initial colour, the one that dazed me. It is the absolute colour chosen by imagination.”

Son parcours / Her career path

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Isabel Bertelot est née en 1963 à Paris. Initialement désireuse de s’inscrire aux Beaux-Arts, elle opte finalement pour un cursus « Cinéma ». 

Isabel Bertelot was born in Paris in 1963. She first intended to register at the School of Fine Arts but she eventually chose “Cinema”.

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Elle s’inscrit à la Sorbonne et obtient une maîtrise de Cinéma et d’Audiovisuel en 1985. Elle travaille ensuite comme graphiste et réalise plusieurs courts-métrages et films d’animation. 

She enrolled at the Sorbonne University and passed a Master of Cinema and Audio-visual in 1985. She then worked as a graphic designer and directed several short films and animated films.

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En 1998, Isabel Bertelot décide de revenir à la peinture en y consacrant tout son temps : elle s’installe aux Frigos (13e arrondissement de Paris).

In 1998, Isabelle Bertelot made the decision to return to painting and to devote all her time to it: she set up at the “Frigos” in Paris 3rd arrondissement.

44Dans ce même endroit, au rez-de-chaussée, elle a ouvert avec sa sœur une galerie d’art, l’Aiguillage ( http://www.aiguillage.org/).

In the same place, together with her sister, she decided to start an Art gallery, L’aiguillage ( http://www.aiguillage.org/).

Les œuvres d’Isabel Bertelot sont visibles dans des expositions et galeries en France, en Angleterre et en Belgique, mais aussi sur son site internet : http://www.isabel-bertelot.com/.

Isabel Bertelot’s works can be seen in exhibitions and galleries in France, England and Belgium, or also on her website: http://www.isabel-bertelot.com/.

Champs de papier et graines de pigment / Paper fields and pigment seeds

Lundi, novembre 28th, 2011

ola_abdallah_mush_mosh_paradiseOla Abdallah cultive son art comme d’autres cultivent leur jardin.

Ola Abdallah takes care of her art as some would do with their garden.

Ses tableaux sont des champs de papier, labourés de traits fins et ensemencés d’encres et de pigments.

Her paintings are fields of paper, ploughed with fine lines and seeded with ink and pigments.

Dans ses œuvres, la ligne prédomine. Elle traverse la toile de part en part, se duplique en dégradés ou en contrastes, identique et différente à la fois. Toujours abstraite, la ligne évoque, chez Ola Abdallah, des paysages de couleurs, des ambiances de lumière, des associations de matières.

The line prevails in her works. It crosses the canvas from one end to the other. It duplicates in various shades or contrasts, both the same and different. In Ola Abdallah, the line, though always abstract, recalls landscapes of colours, atmospheres of light and combinations of materials.

Pour expliquer son travail, l’artiste en raconte la genèse. Lorsqu’elle s’est inscrite aux Beaux-arts de Damas, il lui a fallu s’initier à la calligraphie arabe. Perfectionniste, elle s’entraîne alors à la maîtrise du geste sur des rouleaux de papier calque. Fascinée par ces mètres de traits et de courbes qui s’accumulent, Ola Abdallah s’amuse à les juxtaposer pour suivre la ligne de l’écriture – à l’infini. Peu à peu, elle abandonne le point de départ de l’écriture pour ne plus suivre que la ligne du pinceau.

The artist refers to Genesis in order to explain her work. When she registered at the school of Fine Arts in Damascus, she had to learn about Arabic calligraphy. Being a perfectionist she trained for the mastery of the gesture on rolls of tracing paper. Fascinated by these yards of lines and curves accumulating, Ola Abdallah had fun juxtaposing them to follow the line of writing – endlessly. Step by step, she abandoned the starting point of writing to only follow the brush line.

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Si les toiles d’Ola Abdallah génèrent une forme de fascination, c’est qu’elles sont porteuses de tensions internes savamment dosées, jonglant entre la maîtrise et l’imprévu : grâce à une méthode de travail fixée dans les moindres détails, l’artiste commandite elle-même les accidents qui mettront en péril l’harmonie de son tableau.

If Ola Abdallah’s paintings bring fascination, it is because they bring carefully crafted tensions juggling with mastery and contingency: thanks to an extremely well-fixed work method, the artist herself premeditates accidents that will put the harmony of the painting in jeopardy.

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Pour commencer, Ola Abdallah maroufle par endroit la toile nue de papier de riz. La surface neutre devient irrégulière, l’espace uniforme se fragmente. Le mélange des pigments et leur application sur la toile viennent ensuite, avec leur inévitable part d’aléatoire. A petites touches, l’artiste a construit sa cartographie du hasard. De ce chaos de couleurs et de volumes, Ola Abdallah va tirer un nouvel équilibre. Les lignes qu’elle trace à main levée rééquilibrent la distribution des couleurs et structurent des surfaces distinctes à l’intérieur du cadre, inventant un dedans et un dehors pour « donner au spectateur la possibilité de voyager dans un petit espace, bidimensionnel ».

As a start, she masks the bare canvas in some places with rice paper. The neutral surface becomes uneven. The even space splinters. The blend of pigments and their application on the canvas come then with their inevitable part of random. In small steps, the artist builds her mapping of chance. Out of this pandemonium of colours and volumes, a new balance will be found. The lines she draws freehand rebalance the colour distribution and organize distinct surfaces within the frame. They invent an inside and an outside to “give the viewer the opportunity to travel in a small two-dimensional space”.

27Pour Ola Abdallah, cette méthode de travail n’est pas une contrainte mais un support qui la mène à la méditation, comme dans les disciplines orientales où l’enchaînement des gestes conduit à l’équilibre intérieur. Avant de tirer ses lignes, l’artiste peut ainsi rester des heures à contempler sa toile : les encres qu’elle utilise dans ses tableaux ne donnent pas droit à l’erreur car elles saturent très vite ;  une fois le pinceau en main, « chaque geste est irrémédiable. »

For Ola Abdallah, this work method is not a constraint but a support that leads her to meditation as in some oriental disciplines where the sequence of actions leads to inner balance. Before she starts drawing lines, the artist may stay hours contemplating the canvas: the inks she uses in her paintings do not give room for error for they saturate very quickly. Once the brush is in hand, “each action is irreparable”.

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Sereine et posée, Ola Abdallah a inventé un cadre strict à l’intérieur duquel sa créativité ne trouve pas de limite : « Chaque série m’emmène vers l’autre pour explorer des palettes, des couleurs, des matières. » Tout comme le Candide de Voltaire, Ola Abdallah « cultive son jardin » : dans cet espace clos et volontairement restreint, elle prouve que la liberté véritable se trouve à l’intérieur de la contrainte.

Serene and composed, Ola Abdallah has created a strict framework inside which her creativity has no limit: “Each series leads me towards the next one to explore new palettes, colours and materials”. As would Voltaire’s Candide say, Ola Abdallah “takes care of her garden” in that confined and deliberately restricted space, she is proof that genuine freedom lies within constraint.