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Fernando Costa : un artiste en action /an artist in action
Jeudi, novembre 10th, 2011
Lors d’une visite à l’atelier de Fernando Costa, nous avons eu la chance de pouvoir assister à une démonstration de sa manière de travailler.
Voici donc un petit reportage photo qui retrace les différentes étapes de la création d’une œuvre. Car au-delà de la “vision” de l’artiste et de son inspiration, la naissance d’un tableau ou, dans le cas de Fernando Costa, d’une “tôle”, passe par des gestes très concrets – et parfois par un engagement physique impressionnant.
During our visit at Fernando Costa’s workshop, we were lucky enough to attend a performance on the way he works.
So here is a short photo report recounting the different steps of how a piece of work is designed. For beyond the artist’s “vision” and inspiration, the rise of a painting – or of a “sheet” as far as Fernando Costa is concerned- goes through very practical movements, and sometimes even through an impressive physical commitment.
Pour commencer, Fernando Costa sélectionne le panneau qui constituera le cœur de son œuvre. L’abondance des matières premières lui laisse le champ libre : tout au long de l’année, au gré des occasions qui se présentent, des trouvailles inattendues ou des commandes passées par des amateurs d’art, Fernando Costa récupère des panneaux usagés, des plaques de rues rouillées et cabossées, ou encore… des mobylettes hors d’état de rouler, à immortaliser en pièces détachées !
To start with, Fernando Costa selects the panel which will be at the centre of his work of art. The richness of raw material gives him a free hand: all through the year, according to opportunities coming his way, unexpected finds or special orders from art lovers, Fernando Costa collects used panels, rusted street signs or even… mopeds that are out of use and which will be immortalized as spare parts!
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Une fois les morceaux obtenus, il faut encore en lisser les arêtes à la ponceuse, puis les disposer sur le support en métal lisse, et les souder à l’arc, au fur et à mesure. C’est cet instant qui requiert le plus de concentration de la part de l’artiste: emplacement, inclinaison, contraste des couleurs, formes : tout doit être pris en compte. Fernando Costa nous explique que lorsqu’il est seul, il s’extrait du monde qui l’entoure en passant en boucle une unique chanson pendant des heures.
Once the pieces are achieved, their ridges are sanded and they are placed on a smooth metal base where they’ll be arc- welded bit by bit. That is the moment demanding the entire artist’s concentration: location, tilt, colour contrast, shapes: everything has to be taken into account. Fernando Costa explains that when he is on his own, he escapes from the world keeping on listening to the same one song for hours.
| Fernando Costa penché sur son arc à souder. Puis en pleine réflexion. Fernando Costa arc welding; then deep in thoughts. |
Work in progress Work in progress |
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Pour en voir davantage sur Fernando Costa et son travail, de nombreuses vidéos de l’artiste sont publiées sur son propre site internet : http://www.atelier-costa.com/costa-atelier.html To see more on Fernando Costa and his work, you’ll find many videos posted on his website: http://www.atelier-costa.com/costa-atelier.html Et pour achever cet article sur une petite devinette : au cours de cette visite, Fernando Costa nous a confié un secret… A votre avis, dans la photo ci-contre, que signifient ces chiffres que l’on voit apparaître une multitude de fois dans l’atelier de l’artiste ? Venez en discuter avec nous sur facebook ! We’ll complete this article with a short riddle: during our visit, Fernando Costa told us a secret… On the opposite photo, what do you think the figures appearing many times in the artist’s workshop mean? Come and chat on it on facebook!
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http://www.facebook.com/aventuresdestoiles
Fernando Costa : l homme au talent d art / a man with the Talents for Art
Lundi, octobre 31st, 2011
Après l’épopée de l’Artiste invité, voici l’œuvre d’un artiste atypique dont les productions ultra-colorées ont permis d’imaginer une ligne au caractère très affirmé.
After the Invited Artist‘s epic, now comes the works of an atypical artist, whose ultra-colourful productions have given way to a well-asserted garment range.
Panneaux indicateurs, plaques de rues, morceaux de tôle mis au rebut…
Sous les mains de Fernando Costa, la ferraille se transforme en or, l’utilitaire en art.
Signposts, street signs, sheet metal for disposal…
In Fernando Costa’s hands, scrap metal is turned into gold, utility into art.
Tout commence par un sacrifice : plaques et panneaux sont dépouillés de leur dimension usuelle à grands coups de cisailles. Le ponçage des arêtes à la disqueuse parachève la transformation. Voici maintenant le moment de l’union : poste à souder en guise de goupillon, l’artiste consacre la fusion entre le support de tôle encore lisse et les morceaux de panneaux. Forme, taille, couleur et inclinaison, l’alchimie opère : ressuscitée, la matière devient œuvre.
It all starts with a sacrifice: plates and panels are violently stripped of their usual purposes with wire cutters. A sanding of the ridges completes the transformation, and it is time for the union: using his welding machine as a sprinkler, the artist devotes the coalescence between the smooth sheet metal support and pieces of signposts. Alchemy operates between shape, cut, colour and tilt. As if resurrected, material then becomes a piece of art.
Ses « tôles » comme il se plaît à les appeler, sont à l’image de Fernando Costa : exubérantes et multicolores ou monochromes et graves, ironiques et subversives ou plus abstraites et existentielles. Toutes, en revanche, sont composées avec une précision sans concession. Car Fernando Costa a l’art de faire cohabiter les extrêmes. Dans son atelier d’une austérité monacale, l’artiste prend plaisir à étourdir son visiteur sous un bagou jubilatoire et malicieux, qu’il conclut presque inévitablement par une pirouette : « Je parle beaucoup mais faut pas tout croire ! ».
His “sheets”, as he likes calling them, are a reflection of what Fernando Costa is: at turns exuberant and multi-coloured or monochromatic and solemn, wry and subversive or more abstract and existentialist. Nevertheless, all of them are assembled with uncompromising and accurate precision. Fernando Costa knows how to make extremes coexist. In his workshop of monastic austerity, the artist enjoys entertaining and stunning visitors with exhilarating and mischievous glibness; almost always rounding off with a pirouette: “I talk a lot, but you shouldn’t believe everything I say!”
Chez lui, le véridique prend d’ailleurs des allures de fables. Comme l’histoire de ses parents qui, accompagnés de leurs cinq enfants, parcoururent à pied le trajet qui les menèrent du Portugal de Salazar jusqu’à la France. Deux ans plus tard, comme s’il était le fruit de cette volonté de vivre en liberté, Fernando voyait le jour. Lui aussi sillonnera le monde pour un temps avant de prendre une décision radicale : à 27 ans, Fernando Costa, steward à bord du Queen Elizabeth II, abandonne tout pour se consacrer à l’art.
In the man, truth looks like a tale; as does the story of his parents who walked all the way from Salazar, Portugal to France, together with their five children. Two years later Fernando was born, as if he had been the fruit of this lust for a life of freedom. He also criss-crossed the world for a while, before making a drastic decision: at the age of 27, Fernando Costa, steward aboard the Queen Elizabeth 2, gave everything up to focus on art.
| Ici, Fernando Costa en-dessous de sa toute-première oeuvre. Fernando Costa underneath his very first work of art. |
Comme en réaction aux uniformes et à la discipline, Fernando Costa décide de récolter sa matière première parmi les panneaux indicateurs de la DDE : sens interdit, limitation de vitesse, stop et interdiction de stationnement, les contraintes seront désormais le support de sa créativité !
In response to uniforms and discipline, Fernando Costa decided to collect his raw material among signposts from the Departmental Directorates of Equipment: no-entry signs, speed limits, stop signs, no-parking signs, and from then on, constraints have been the support for his creativity!
L’artiste raconte que l’idée des panneaux lui est venue sur une aire d’autoroute à proximité de Los Angeles, en voyant une petite famille retourner un panneau pour s’en faire une table de fortune. Mais l’idée de travailler un jour à partir de morceaux de ferraille lui trottait dans la tête depuis l’âge de 14 ou 15 ans, lorsqu’il tomba par hasard sur un reportage télé consacré à César. Et, ajoute-t-il dans un clin d’œil, un deuxième reportage montrant l’artiste dans la société chic parisienne, l’assiette bien garnie et le verre plein, l’aurait définitivement convaincu de tenter sa chance !
The artist tells that this idea of signposts came to him while watching a family turning a signpost into a table on a motorway picnic area near Los Angeles. Yet, the idea that he would one day work from scrap pieces had been in his mind since he happened to watch a TV report on César, when he was 14 or 15 years old. He adds with a wink that another report showing the artist among the high Parisian society with a full plate and a full glass convinced him for good that he should try his luck!
Après de dures années dont il tient à se souvenir, Fernando Costa se réjouit de connaître à présent le succès. Sa trajectoire évoque la parabole des talents d’or : avec sa seule conviction comme mise de départ, il a su moissonner son don et il expose aujourd’hui en France et en Angleterre, en Suisse et en Belgique, en Chine et aux Etats-Unis.
Fernando Costa wants to remember the tough years now that he is enjoying success. His career recalls the Parable of the Talents: with only his conviction as a starting bet, he has succeeded in harvesting from his gift. Today, he has exhibitions in France and England, in Switzerland and Belgium, in China and the United States.






